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La chambre des époux

Auteur :  Éric Reinhardt

 

Editeur :  Folio

Présenté par  : Marie-Noëlle Peurière
Quai des lecteurs

Que voilà un titre aux connotations tendres, surannées, presque religieuses et qui vous emballe par sa délicatesse presque médiévale et une construction pas banale avec deux couples en miroir et le cancer au milieu. L’une guérit mais pas l’autre et sa douleur extrême conduit le second héros à écrire un REQUIEM sublime. CF. Brassens :”ce qu’il faut de douleur pour un air de guitare'”. Grand moment. J’ai été séduite par les petites remarques du premier conteur (Eric donc) qui évoque en détail la vie quotidienne de l’écrivain  et ose lancer un défi à la mort : ils ont trois mois, sa femme pour guérir et lui pour terminer son roman : défi tenu et réussi. Son  écriture est d’une rare liberté (pas la liberté des propos ou des actes mais la liberté de l’écriture elle-même: copie carrément ses propres paragraphes, n’achève pas ses phrases, propose des dialogues où l’on n’échange que des points de suspension !,vitesse extraordinaire de cette écriture à 100 à l’heure) la satire des réunions de gens de lettres qui le tétanisent est une sorte de pause aimable mais le plus important n’est-il pas ce retour au titre et donc à la découverte finale de l’amour profond, vital, indestructible entre les deux époux qui ne se quitteront pas et vivent dans l’intelligence des sentiments. Il y a quelque chose de mystique là-dedans.

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